
Le Cabinet Spirite
création 28 mai 2026
Gustave, collectionneur émérite, propriétaire d’un cabinet de curiosités, nous plonge dans l’étrangeté, les histoires et mystères de ses plus belles pièces.
Entre lucidité et surprise, nous sommes transportés au-delà du réel par ses récits et performances. Simple bonimenteur ou charlatan, notre protagoniste doute lorsqu’un objet hanté se joue de lui; retour à une réalité encore bien présente, qui, dans le fond, l’effraie sûrement.
Note d'intention
L’idée de ce spectacle est de parcourir la thématique des séances spirites qui ont marqué la fin du XIXème siècle; une pratique devenue virale, tant elle suscitait la curiosité. D’abord empiriques puis théorisées, ces séances ont séduit la haute société ainsi que de nombreux artistes. Public en recherche de sensations fortes ou réelle quête spirituelle, la pratique spirite a également eu son lot de charlatan «pseudo-médium», avec, parmi eux, de nombreux magiciens.
Je suis magicien moi même, mon métier consiste à surprendre, émerveiller et amener le public à se questionner sur le réel. Quand je performe, je maîtrise le tour qui se réalise, j’ai une emprise sur la réalité que je construis pour les autres. Lorsque l’on parle d’esprit, c’est une autre affaire pour moi.
Bien que scientifique et cartésien, j’ai longtemps été effrayé à l’idée que des esprits puissent exister. Encore aujourd’hui, je vis des expériences perturbantes et concrètes à ce sujet qui mettent en évidence la dualité qui me traverse: expliquer que mon cerveau me joue des tours ou accepter que dans la nébuleuse il y a une probabilité que cela existe.
La pratique spirite nous renvoie à des questions de croyances spirituelles, religieuses ou non d’ailleurs. Néanmoins, à l’existence d’un “après”, quelque chose qui suit notre mort. Des esprits bons ou mauvais, des objets emprunts d’énergie. Le mouvement a évolué avec le temps mais bon nombre de personnes ont encore des histoires étranges à nous raconter à ce sujet (voyager en Écosse m’a également fait prendre conscience que là-bas les histoires de fantômes sont présentes quasiment quotidiennement).
Finalement, que cela existe ou non n’est pas ce que je cherche à démontrer. Ce qui m'intéresse est le mémento Mori (“souviens toi que tu te meures”) que cela amène, notre propre rapport au monde des morts et des vivants, notre volonté à communiquer avec ceux qui ne sont plus là. Qu’importe les siècles qui passent, ces interrogations demeurent chez l’être humain. Au cours de ce spectacle, en vivant une vraie ou fausse expérience spirite, nous tenterons de nous rapprocher un tant soit peu d’une réponse à ces questions.